ActuInternational

Le droit international face au désordre mondial

🌍 Depuis quelque temps, certains, même chez nous, relativisent le droit international. Par « pragmatisme » ou par cynisme. Je ne peux pas m’y résoudre.

Hier soir, j’ai eu le plaisir d’intervenir devant des étudiants et d’anciens étudiants de Saint-Boniface, où j’ai étudié, pour une conférence sur un sujet qui me tient profondément à cœur : l’état du droit international face au nouveau désordre mondial.

⚠️ Dans un monde où Trump revendique des territoires, où la Russie envahit l’Ukraine, où le Conseil de sécurité est paralysé par le veto, la question est devenue centrale : le droit international est-il encore une règle, ou est-il devenu une option ?

Ma réponse est nuancée.

Oui, le droit international est imparfait. Il est lent, parfois impuissant. Les guerres successives en République démocratique du Congo, en Ukraine, au Haut-Karabakh, au Moyen-Orient… nous le rappellent douloureusement au quotidien.

⚖️ Mais non, il n’est pas mort. Il structure le commerce mondial, encadre les mers et les airs, fait parler la justice, même quand les armes parlent plus fort. Sans lui, plus que l’impuissance, c’est le chaos généralisé qui menace.

🇧🇪 Pour un petit pays comme la Belgique, qui vit de ses échanges et de ses alliances, le droit international est une condition de survie et de prospérité.

J’ai aussi abordé ce que l’Europe et nos démocraties doivent faire face à ce monde qui change. Cesser d’être naïves sans renoncer à leurs valeurs, défendre les juridictions internationales, chercher à réformer un Conseil de sécurité trop souvent otage du veto, et retrouver une vraie autonomie stratégique.

🌐 Parce que, dans un monde qui voit revenir les empires (le bloc chinois, le bloc russe et le bloc américain), nous n’avons d’autre choix que de nous renforcer, nous unifier pour pouvoir peser. Économiquement, politiquement, en matière de défense, de sécurité et d’énergie.

Défendre le droit international aujourd’hui, c’est défendre l’idée que la démocratie que nous connaissons n’est pas un acquis permanent. C’est un choix, que chaque génération doit renouveler et entretenir. Nous avions tendance à l’oublier. La réalité nous le rappelle fortement aujourd’hui.

Commenter